Choléra en Haiti: État de la Situation

LE CHOLÉRA

Le choléra est une infection diarrhéique aiguë provoquée par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par le bacille Vibrio cholera, une bactérie productrice de toxines. L’infection dans la plupart des cas est asymptomatique. Dans les cas légers, la diarrhée ne s’accompagne d’aucun autre symptôme. Dans les cas graves, après une brève période d’incubation, de deux heures à cinq jours, la maladie se caractérise par l’apparition brusque de diarrhées aqueuses avec des nausées et des vomissements. Un individu atteint peut perdre jusqu’à un litre de liquide à l’heure risquant ainsi une déshydratation sévère. Le traitement se compose essentiellement d’une réhydratation intensive par voie orale ou parentérale et parfois d’antibiotiques. Le choléra touche surtout les pays en voie de développement dont les services d’assainissement et d’approvisionnement en eau potable sont déficients, les pays en guerre dont les infrastructures sont détruites ainsi que les pays où sévissent des pluies diluviennes ou des désastres naturels majeurs.

ÉTAT DE LA SITUATION

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) craignent une flambée de cas de choléra à Haïti suite au passage de l’ouragan Matthew. En date du 21 octobre 2016, 2 271 nouveaux cas suspects ont déjà été notifiés à l’OPS. Plusieurs cas sont survenus dans les départements de Grande- Anse et du Sud. L’OMS a fait l’envoi de 1 million de doses de vaccins destinés à la population haïtienne. Les efforts pour contrer la flambée sont compliqués par les dommages causés aux infrastructures, aux routes, aux centres de santé, etc. Ces nouveaux cas s’additionnent aux 27 799 cas (242 décès) notifiés en 2016 et aux 780 000 cas de personnes infectées (9 200 décès) depuis le début de l’épidémie de choléra, débutée suite au tremblement de terre de 2010.   RECOMMANDATIONS Les indications de vaccination contre le choléra demeurent limitées. Le risque est très faible pour la plupart des voyageurs, même dans les pays où se produisent des épidémies de choléra, à condition qu’ils respectent les précautions en lien avec les mesures d’hygiène (lavage des mains), et avec l’eau et les aliments, notamment en évitant de consommer les coquillages et les poissons crus ou insuffisamment cuits. Dans des circonstances exceptionnelles, envisager la vaccination des personnes âgées de 2 ans et plus séjournant dans des conditions sanitaires inadéquates en zone où le choléra est endémique ou épidémique :

  • Les voyageurs qui n’auront pas accès à de l’eau potable et qui seront en contact étroit avec une population indigène isolée des ressources médicales (par ex. : coopérants, travailleurs de la santé, personnel humanitaire dans les zones sinistrées et les camps de réfugiés);
  • Les voyageurs plus susceptibles de faire des infections entériques en raison de mécanismes de défense gastrique amoindris par une achlorhydrie, une gastrectomie, une vagotomie ou une thérapie continue aux inhibiteurs de la pompe à protons (par ex. : oméprazole, lansoprazole), ou aux antagonistes des récepteurs H2 (par ex. : cimétidine, famotidine, ranitidine) ainsi qu’aux antiacides.

Source: Institut National de Santé Publique